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[fr] a propos de l’intervention in situ chez incise par benoit dusart, critique d’art et commissaire d’expositions

La proposition de Marie Lelouche pour Incise exploite tous les aspects de l’espace d’exposition. Contenant et contenu, la vitrine se voit d’abord enveloppée par la couleur. De la surface vitrée au châssis d’encadrement, l’espace se fait support d’un horizon des plus équivoques, verrouillant la profondeur au profit d’un dégradé aveugle et mat, renvoyant plus à la sculpture et à l’intégration architecturale, qu’à la peinture proprement dite. Celle-ci recadre, se fait volume, escamote et recompose les rapports de transparence et de démarcation qu’induit le principe même d’une devanture.

Ce qui de loin pourrait évoquer les fonds dégradés des impressions d’Allen Ruppersberg, appelle ici un autre type d’écriture. Touchée du doigt par l’amateur ou le promeneur curieux, la fine carapace de craie enveloppant la vitre disparaîtra progressivement pour dévoiler un contenu où couleurs, sculptures et architecture participent d’une édifiante mise en abîme. […]

[en] About the in situ intervention for Incise by benoit dusart, art critic and curator

Marie Lelouche’s proposals for Incise operates in all aspects of the exhibition space. Container and content, the window is first seen wrapped in color. From the glass surface to the frame chassis, space is supporting a most ambiguous horizon, locking depth to the benefit of a blind and matte gradient, referring more to sculpture and architectural inte- gration than to painting itself. This reframing becomes volume, retracts and reconstructs transparency and the boundary ratios induced by the principle itself of a storefront. 

What could have evoked from far away gradient backgrounds of Allen Ruppersberg’s prints, demands for another type of writing here. Touched by fingers of amateurs or curious pedestrians, the fine chalk shell enveloping the glass gradually disappears to reveal a content, where colors, sculptures and architecture involve an abyss. (…)